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Atout sports. Après un accident professionnel François Remond a séjourné au centre de Trestel. Il y découvre le basket handisport et, depuis vingt ans, joue au club de Lannion.

Un accident professionnel a transformé sa vie de sportif. Un séjour au centre de rééducation fonctionnelle de Trestel lui a donné l’occasion de découvrir le basket handisport et, depuis près de vingt ans, il joue au club trégorrois de handibasket de Lannion (CTHL).

La découverte du basket handisport

À 18 ans, j’étais marin-pêcheur sur un caseyeur. Lors d’une campagne de pêche au sud de l’Irlande, j’ai subi une blessure très grave à la jambe droite, ce qui a provoqué une amputation sous le genou, puis le port d’une prothèse. J’avais toujours fait du sport, surtout du handball, jusqu’à cet accident.

Après, pendant une longue période de rééducation, pas question d’abandonner le sport. J’ai testé le kayak, le billard anglais, le tennis de table, mais ça ne bougeait pas assez. Lors d’un séjour à Trestel, j’ai découvert le basket en 1999, et l’existence du club à Lannion. Je me suis assis dans un fauteuil et j’y suis resté !

Le boulot et le basket

J’ai maintenant 50 ans, je travaille comme chef d’équipe chez Emeraude avec des horaires décalés, parfois tôt le matin ou tard le soir. Mais je parviens à assurer au moins un entraînement par semaine, en plus du match le week-end. Le basket conjugue l’effort physique et l’esprit d’équipe, mais avec un seul but, gagner ! J’ai horreur de perdre.

J’ai connu la progression de l’équipe fanion jusqu’à la nationale 1A, des matches en coupe d’Europe qui restent des grands souvenirs. Mais je dois aussi penser à la vie de famille, j’ai donc choisi depuis deux ans de jouer avec l’équipe réserve qui joue en nationale 2, sur tout le Grand Ouest. Mon poste est pivot sous les paniers, mais j’aime bien faire marquer mes coéquipiers.

Toujours de l’ambition ?

Oui, gagner chaque match auquel je participe. Parfois, je suis un peu trop impulsif envers mes coéquipiers sur une action manquée, et je peux râler mais ils me connaissent, et savent que ce n’est pas méchant. De toute façon, je ne suis pas parfait non plus sur le parquet ! Nous en sommes à la 2e place du championnat, et j’espère bien qu’on va prendre notre revanche sur Rennes, samedi soir, et devenir leader.

Une dernière chose, il faut que les gamins qui connaissent des pépins physiques n’hésitent pas. Qu’ils viennent nous voir au gymnase de l’IUT, apprennent le basket-fauteuil et assurent la relève, car il est temps qu’elle arrive !


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